La CRPM a participé avec trois de ses régions membres à une conférence sur « Une approche de la réponse des régions européennes à la crise des réfugiés » adressée aux membres du parlement régional des Baléares, aux administrations publiques locales et régionales, aux ONG et citoyens, ainsi qu’aux experts de l’intégration sociale et des services sociaux.

Lors de la conférence, introduite par M. Antoni Servera, Directeur Général de la Coopération du Gouvernement des Baléares, la CRPM a souligné la nécessité d’une approche multiniveaux et transversale des politiques migratoires et d’asile, ainsi que la contribution fondamentale des Régions pour trouver des solutions pragmatiques pour l’accueil, l’hébergement et l’intégration des demandeurs d’asile et des migrants en général. Dans sa présentation, la CRPM a exposé les grandes lignes du document de réflexion adopté par son Bureau Politique en mars dernier, ainsi que ses avis sur le CFP post 2020 et les propositions de règlement récemment publiées sur les instruments financiers liés à la gestion des migrations.

Les Régions Toscane, Skåne et Nord Égée ont évoqué leurs expériences sur le terrain.

Le Ministre toscan en charge des migrations, M. Vittorio Bugli, a présenté le Livre blanc de la Région sur les politiques d’immigration pour les demandeurs d’asile et bénéficiaires de la protection internationale ou humanitaire. Il a cité des mesures concrètes et novatrices mises en œuvre par la Toscane pour gérer l’accueil et l’intégration sur son territoire, notamment en permettant aux réfugiés d’apporter leur contribution via le bénévolat, créant ainsi un cadre plus positif facilitant leur intégration dans les communautés locales. Cependant, M. Bugli a souligné que c’est maintenant et non plus tard que les instruments financiers doivent être mis à la disposition des Régions. À cet égard, il a regretté la lenteur des processus administratifs à l’échelle de l’Union européenne, qui retarde la mise en place d’actions efficaces sur le terrain en raison du manque de financement.

Mme Katarina Carlzén, coordinatrice principale du « Partenariat Skåne », a présenté l’initiative de cette Région suédoise qui regroupe plus de 100 organisations au sein d’un réseau régional pour traiter les questions d’accueil et d’intégration, liées notamment à la santé, l’éducation et l’emploi. En particulier, elle a souligné les effets néfastes du déplacement forcé sur la santé physique et mentale et leur aggravation en cas de mauvaises conditions d’accueil. Un environnement basé sur le soutien est donc essentiel pour le bien-être des réfugiés.

Représentant la Région Nord Égée, Mary Lampropoulos, du Centre de formation continue (KEKAPEL), a expliqué la situation très difficile dans la zone « hotspot ». Malgré les efforts des travailleurs humanitaires internationaux sur place, les pressions dues au nombre proportionnellement élevé de réfugiés poussent les infrastructures et les services locaux au-delà de leurs capacités. Malgré l’accord avec l’UE, des réfugiés continuent d’arriver depuis la Turquie et cette situation -ajoutée à la lenteur du traitement des demandes d’asile- mène à un surpeuplement des camps de réfugiés. La Région, qui dépend fortement du tourisme, voit son économie souffrir à cause de la perception négative liée à la crise des réfugiés qui dissuade les vacanciers de venir dans les îles. Malgré toutes ces difficultés, la Région s’efforce de trouver des solutions par le biais de réseaux et de projets financés par l’UE.

Servera a conclu la conférence en soulignant l’effort supplémentaire des Régions pour recevoir et intégrer les réfugiés. Il a ajouté que les Régions ont également la responsabilité de lutter contre la xénophobie et la discrimination, car la migration est un phénomène qui perdurera dans le temps.